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L’Entreprise Portuaire de Bejaia
décroche le prix algérien de la qualité
Interview du DG de l’EPB

M. Rabah Moussaoui a bien voulu nous livrer ses impressions, à la suite du prix de la qualité délivré par le Ministère de l’Industrie et de la Promotion des investissements : « Aujourd’hui, nous avons un système de management intégré QHSE « Qualité – Environnement et Hygiène et Sécurité », qui a permis concrètement de placer le client, l’environnement et le personnel au cœur des préoccupations quotidiennes des managers».

Réalisée par Kamel Khélifa.

Le Phare Le MIPI a institué un prix algérien de la qualité auquel l’EPB a participé et obtenu la consécration en participant à la septième édition (2009). Tout d’abord, quel sentiment avez-vous éprouvé à la réception de ce prix ?

M. Rabah Moussaoui C’est un grand sentiment de satisfaction et de fierté que nous avons ressenti avec la distinction de notre entreprise, parmi les 27 autres sociétés candidates, en remportant le premier prix. Il est à noter qu’en 2004, nous avons également participé à ce concours et avons eu le prix spécial du jury. Six ans après, notre système QHSE a été jugé plus mature et en totale cohésion avec les standards internationaux. C’est donc l’aboutissement et la consécration des performances et de la mobilisation constante de tout le personnel de l’Entreprise, à tous les niveaux.

Le Phare Avec la certification ISO obtenue depuis déjà quelques années, à laquelle s’ajoute aujourd’hui le prix de la qualité, j’imagine que le port de Bejaia a conscience que c’est à partir de ces consécrations que l’on doit se renouveler et s’adapter sans cesse ?

M. Rabah Moussaoui En effet, l’EPB est certifiée ISO 9001 déjà depuis l’année 2000, et chaque année, notre certificat a été renouvelé avec succès. Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là, nous avons intégré à notre management le concept de développement durable, en nous engageant dans la mise en place d’un système de gestion environnementale, et depuis 2005, nous sommes certifiés ISO 14001. Nous avons continué en 2008, en intégrant à notre système qualité et Environnement, la santé et la sécurité au travail et nous avons obtenu la certification OHSAS 18001. Aujourd’hui, nous avons un système de management intégré QHSE « Qualité – Environnement et Hygiène et Sécurité », qui a permis concrètement de placer le client, l’environnement et le personnel au cœur des préoccupations quotidiennes des managers. C’est une manière structurée de manager les risques et de s’engager de manière irréversible dans une logique d’amélioration continue. Elle s’appuie sur l’anticipation, la précaution, le changement, la communication et entretient un système de management capable d’employer les normes internationales qui représentent le premier consensus international, pour faire face aux problèmes liés aux changements de son environnement.

Le Phare Et que faut-il faire pour demeurer le meilleur ou en tout cas parmi les meilleurs ?

M. Rabah Moussaoui Comme le dit si bien l’adage, « celui qui n’avance pas recule ». Le port de Béjaïa a bien souvent été précurseur dans plusieurs domaines. Nous avons, à maintes reprises, relevé des défis et nous avons dans la plupart des cas réussi. Pour preuve, nous avons été le premier port du bassin méditerranéen à être certifié ISO 9000, premier port à installer un terminal à conteneurs répondant aux normes universelles, nous avons également été sélectionnés « port Autoroute de la Mer » par l’Union Européenne, parmi 14 pays de la méditerranée orientale.
L’Entreprise a désormais engagé, de manière irréversible, un processus d’amélioration qui ne pourra s’estomper. Elle intègre dans sa gestion les principes fondamentaux énoncés dans son système de management, qui constituent toujours l’essence de ses actes.
Cette démarche aboutira à terme à intégrer une politique d’insertion du port dans un système de réseautage, pour l’élever aux dimensions d’un port de troisième et quatrième génération, tendance d’évolution nettement affirmée dans le monde. Cette option nécessaire, ne pourra se faire sans les axes stratégiques sur lesquels l’EPB s’est appuyée, et qui sont entre autres : la disponibilité des ressources humaines adéquates, l‘aménagement moderne des superstructures, le développement des infrastructures, l’utilisation de moyens de manutention et de techniques adaptées à l’évolution de la technologie des navires et la continuité de modernisation de la gestion et de l’exploitation des installations spécialisées.

Le Phare Le port de Bejaia connaît depuis quelques mois un phénomène d’attente en rade et d’encombrement des quais, en raison, semble t-il, du retour des conteneurs vides. Pouvez-vous nous dire ce qu’il en est et quelles sont les mesures prises pour y remédier ?

M. Rabah Moussaoui En effet, le port de Bejaia connaît depuis quelques mois un phénomène d’encombrement en rade et à quai, mais qui n’est pas dû au retour des conteneurs vides, car cela a déjà été réglé au début du 2ème semestre, par leur affectation dans une zone extra portuaire. L’encombrement a beaucoup plus été engendré par l’afflux du trafic qu’a connu le port à partir du 2ème trimestre 2009, conjugué à sa capacité limitée en matière de postes à quai (13 postes à quai en moyenne) et de terre-pleins. D’autres facteurs contribuent également de manière directe à l’allongement des délais, tels que le séjour de plus en plus long des marchandises dans le port, dû au rallongement des délais d’enlèvement, à la complexité et à la lenteur dans l’accomplissement des formalités de contrôle aux frontières et à l’absence de zone sous douane extra portuaire, permettant de libérer les zones d’entreposage des marchandises en souffrance, avariées, ou dépassant les délais légaux.
Il est également important de rappeler qu’un port, quel que soit son niveau de management, reste tributaire de son environnement externe. Si les objectifs de tous les intervenants de la chaîne logistique ne convergent pas tous vers la fluidification du trafic, le port à lui seul ne pourra pas y arriver.
Toutefois, les investissements consentis par l’EPB pour améliorer la productivité, ont permis de maintenir l’équilibre et assurer un temps de rotation raisonnable aux navires. Les services portuaires opèrent les navires sans interruption, de jour comme de nuit, les week-end et jours fériés, ce qui contribue à éviter des situations de congestion à l’impact négatif pour l’économie nationale.
Néanmoins, et pour une meilleure efficacité, nous aurions souhaité que les autres intervenants accompagnent le port pour atteindre ses objectifs.

Le Phare Le glissement des trafics d’Alger vers les ports de l’Est, et l’Ouest du pays, a-t-il profité au port de Bejaia, comme c’est le cas de Djendjen, Mostaganem, etc.

M. Rabah Moussaoui La décision du ministère des Transports de réaffecter une partie du trafic du port d’Alger vers les autres ports du pays, a en effet profité au port de Bejaia et les chiffres l’attestent. A la fin du premier semestre, le trafic des marchandises hors hydrocarbures a enregistré un accroissement de 28 %. Cette évolution a surtout été constatée au 2ème trimestre, après une baisse des prix sur les marchés internationaux, ce qui a provoqué un afflux des importateurs vers certains produits, notamment les produits ferreux, qui ont connu une progression de 250 %. Au troisième trimestre et à l’application des nouvelles dispositions de la loi de finances complémentaires pour 2009, nous avons assisté à une baisse du trafic de 2,1 millions de tonnes réalisées au 2ème trimestre, nous sommes passé à 1,5 millions de tonnes au 3ème trimestre, soit une baisse de 28 %. Au quatrième trimestre, nous enregistrons une nouvelle croissance, avec un tonnage de 1,8 millions de tonnes.

Le Phare Un dernier mot. Un souhait peut être ?

M. Rabah Moussaoui L’état actuel et les capacités du port ne peuvent plus répondre aux besoins du mouvement. Les prévisions du trafic aux horizons 2010 et 2015 sont très importantes ; il est donc plus que nécessaire d’augmenter les linéaires de quais, ainsi que les surfaces de manutention et d’entreposage, dédiées aux marchandises et équipements d’exploitation, si nous voulons éviter les surcoûts et les longs séjours en rade.
La gestion des espaces qui s’organise autour des terminaux nécessite des infrastructures et superstructures avec une portance et une contrainte de sol admissible et suffisante.
Pour éviter au port de Bejaia de se retrouver face à une situation ne pouvant capter le trafic, ni moderniser les espaces dévolus aux différents modes d’organisation des terre-pleins, reconnus de par le monde (ports de 4ème génération), il est plus qu’urgent de procéder au développement des capacités et de l’extension de notre port, par la mise en œuvre immédiate du projet de développement du port.
Nous avons un schéma directeur de développement qui préconise l’extension du port du côté de la mer qui nous fera bénéficier d’environ 44 Hectares et de 750 mètres linéaires de quais supplémentaires.
La concrétisation de ce projet nous permettra de fournir à nos clients des installations et des services répondant aux normes.

L’état des infrastructures routières ne répond également plus au nombre de camions qui circulent sur l’ensemble des axes qui mènent vers le port. Il faut dire que l’autoroute Est/Ouest ne profite pas au port de Bejaia, d’où l’urgence de réaliser la pénétrante. Mais, en attendant, il faut améliorer les réseaux existants pour réduire les coûts de transport.



 

 
       
   

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